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A lire également |
Cécile Huchard, D’Encre
et de sang. Simon Goulart et la Saint Barthélémy, Paris,
Honoré Champion, 2007, collection « Bibliothèque littéraire
de la Renaissance », 640 p.
En 1576, dans le contexte difficile des suites de la Saint-Barthélemy,
Simon Goulart (1543-1628), pasteur français exilé à Genève,
second de Théodore de Bèze, publie les Mémoires de l’Estat
de France sous Charles IX. Cet ouvrage militant, connu des historiens comme
une « bibliothèque portative » réunissant des documents
et des pamphlets de genres et d’intentions divers, n’avait guère
été envisagé dans sa totalité. Destiné,
par le rappel du sang des « meurtris », à raviver la mémoire
de cette « tragédie des tragédies », à en
proposer une interprétation et à légitimer la résistance
contre les tentations de l’oubli ou du compromis, il offre à
la fois un témoignage et un réquisitoire, une enquête
historique, une réflexion politique et un discours apologétique.
L’étude des structures méthodologiques, rhétoriques
ou idéologiques qui donnent à l’ensemble sa cohérence
montre comment, entre modèles érudits et nécessités
polémiques, s’invente une manière d’écrire
l’histoire, dont les enjeux sont la réception et la construction
d’un événement « inouï ». On y voit pointer
aussi les nouvelles configurations du rapport entre politique et religieux,
sentiment national et communautaire, passé et présent, qui émergent
des guerres de religion.
Cécile Huchard, ancienne élève de l’E.N.S de Fontenay-Saint-Cloud,
est maître de conférences en littérature française
du XVIe siècle à l’université de Nancy-2.