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La thèse de notre adhérente
Florence Poirson,
dont on se rappelle la conférence
(à paraître dans Albineana 19)
de l’automne dernier (Assemblée générale du 15
octobre 2005 à Paris X-Nanterre),
vient de paraître.
Florence Dobby-Poirson, Le pathétique
dans le théâtre de Robert Garnier.
Editions
Honoré Champion, 1 vol., 672 p., relié, ISBN 2-7453-1419-X,
119 Euros.
Depuis quarante ans, il n’est paru aucun ouvrage de fond
sur Robert Garnier, qui est pourtant l’auteur tragique majeur du théâtre
humaniste issu de la Pléiade ; on n’avait pas non plus abordé
son œuvre sous l’angle spécifique de la mise en œuvre
des émotions, alors que pathétique est le trait dominant de
sa dramaturgie comme de sa langue poétique.
Auteur de sept tragédies et de la première tragi-comédie
en langue française, Garnier s’inspire des grandes œuvres
du théâtre gréco-latin mais n’en a pas moins élaboré
un langage théâtral qui lui est propre : voulant émouvoir
pour instruire, il adapte à la scène la rhétorique des
passions ; il choisit ses sujets de sorte que le public puisse identifier,
derrière le mythe grec, l’épisode de l’histoire
romaine ou de la Bible, la tragédie politique de la France en proie
aux guerres de religion.
Contemporain d’Aubigné, et bien qu’appartenant au parti
adverse, Garnier le rejoint sur de nombreux thèmes et surtout partage
avec lui ce goût du pathétique qui l’amène à
représenter, par le spectacle et par le langage, le corps souffrant
des victimes, mais aussi parfois leur constance devant la mort, leur résistance
morale face à la tyrannie. Son « théâtre de la cruauté
» s’avère ainsi une méditation sur la condition
instable de l’homme prédestiné aux passions, bousculé
par les tempêtes de l’Histoire et les desseins insondables de
la transcendance.
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