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L’Association des Amis d’Agrippa d’Aubigné organise,
avec le soutien du laboratoire Forell (Université de Poitiers),
un colloque qui se tiendra les 16-17-18 octobre
2008 à Poitiers, et qui se propose d’interroger
la pertinence d’une tentative de périodisation historique
et la cohérence d’un regroupement de poètes opérés
par Agrippa d’Aubigné dans une de ses Lettres de poincts
de sciences. Le colloque portera en particulier sur la deuxième
période, qui commence peu avant le règne de Henri III pour
s’achever avec la mort de Henri IV et qui réunit un échantillon
de poètes, parfois connus, parfois obscurs, souvent mineurs : «
Je feray mener la danse par le Cardinal du Perron suivy par Desportes,
Laval, Byard, Billard, Amadis Jamin, Benjamin Jamin son frere, Dubartas,
Trelon, Bonnefon, President de Thou, du Brach, Raspin, Bely, Vatel, la
Gessee, et du Monin ».
Dans cette lettre, Aubigné pose de façon très nette
les éléments d’une histoire littéraire de la
poésie qui lui aura été contemporaine, en trois temps,
trois moments qui épousent un mouvement de dégradation progressive,
sur le mode du concept ronsardien de dégénérescence
: dans quelle mesure les années 1570-1610 sont-elles marquées
par la perte du furor qui animait encore les poètes de
la Pléiade, et conduisent-elles la poésie à cette
« prosification » que d’Aubigné veut reconnaître
comme la marque propre de la dernière génération,
celle de Malherbe et de Bertaud ? Comment chacun des poètes de
la seconde période, les grands comme les obscurs, négocie-t-il
la dette de toute cette génération envers le grand Ronsard,
quelle est sa position par rapport à un idéal de poésie
qui trouvait à s’incarner dans l’épopée,
dans l’ode pindarique, dans l’hymne ? Entre la poésie
élevée qui les a précédés et le «
coulant » de ce qui pour d’Aubigné n’est guère
différent d’une prose versifiée, y a-t-il place pour
un style identifiable, qui puisse être revendiqué par tel
de ces poètes du milieu ? Et dans son ensemble, cette
« volée » de poètes, pour disparate qu’elle
soit, a-t-elle, entre « fureur poétique » et «
fluidité », su marquer son temps d’une marque reconnaissable
?
Tout en privilégiant les dix-huit poètes cités par
Aubigné, les communications ne doivent pas pour autant exclure
les « oubliez » comme le dit notre auteur, c’est-à-dire
ceux qui ont été actifs durant la période (Boissières,
Nuysement, Poupo, etc.), ce qui doit permettre de mieux en apprécier
la richesse. Les communications peuvent porter sur un poète en
particulier, mais les approches transversales sont également bienvenues
(influence italienne, ordre rhétorique, technique de versification,
etc.).
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